Ô rage sur Bruxelles

Mercredi 15, au Cinquantenaire, à midi. Soudain le ciel s’obscurcit, brutalement. Le drapeau belge perd ses couleurs. Le soleil disparaît. Ne reste qu’un dernier éclat sur une verrière. CLIC,CLIC.

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La main de ma Juju serrant la mienne, mon coeur s’est alors chargé de vents mauvais, comme le ciel. Un ill wind chanté par Ella Fitzgerald (*).

Une colère froide pour cette tranche de vie et d’espoirs effacée du jour au lendemain, comme on jette un mégot, avec insouciance et inconséquence. Une honte noire pour avoir fait souffrir inutilement ceux que je devais protéger des douleurs de la vie, eux qui ne m’avaient rien fait. D’une colère et d’une honte que les beaux souvenirs des bonnes intentions n’éclairent pas, trop pâlis qu’ils sont par le doute des non-dits.

Quelques kilomètres de vélo plus tard, après des pleurs chargés de colère et de honte dans les bras rassurants et chauds de Leiloo, un pâle soleil perçât les nuages et la pluie au-dessus de la campagne gantoise, laissant entrevoir les couleurs d’une vie renaissante.

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Je me suis alors souhaité un coeur apaisé, définitivement. Indifférent au passé car sans pardon, malgré les sentiments, sans pardon à regret et tristement sans doute, mais résolument. Parce que pardonner, c’est se condamner au souvenir lanscinant qui mine. Parce que ma vie est belle lorsque je me me bats contre moi.

Et parce que cette belle âme souriante et accueillante, tout près de moi, là, qui me donne envie de conjuguer ma vie au présent et d’oublier les douleurs de l’imparfait.

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Avec regret, mais sans remord. Pour le mieux, sans me fuir, en assumant. Tout.

Allez, 4 jours de sourires et de tendresse partagée au soleil de Barcelone, sous l’aiguillon vivifiant de l’ami Vincenzo et au rythme du DJ du Pacha, devraient panser mon coeur noirci, réchauffer mon corps glacé, et me porter vers cette indifférence à l’ill wind du passé à laquelle j’aspire. 

Car tout ça ne vaut sans doute pas que mon coeur d’adulte resté enfant, encore et toujours, se bouleverse d’un vulgaire crachin bruxellois. Je n’en ai plus le temps. Ici et là, on me désire, vivant.

Bonne journée !

(*) Blow I’ll wind, blow away
Let me rest today
You’re blowin’ me no good (no good)

Go I’ll wind, go away
Skies are oh so gray
Around my neighborhood, and that’s no good

You’re only misleadin’ the sunshine I’m needin’
Ain’t that a shame
It’s so hard to keep up with troubles that creep up
From out of nowhere, when love’s to blame

So I’ll wind, blow away
Let me rest today
You’re blowin’ me no good (no good)

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~ par nrs sur 16 août 2007.

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