Les soldes, c’est fini !

Voila. Depuis ce matin 00:00:01, je ne suis plus ce que j’étais ces derniers 3 ans et demi, un chef de service d’une institution internationale, avec 30 eurocrates sous mes ordres. Fini. Je deviens Conseiller de mon Directeur général, pour le meilleur sans doute car il est d’une rare humanité. Je me sens enfin comme je le voulais depuis plusieurs mois: irresponsable. Pas au sens « tu peux faire tes conneries d’adolescent attardé », faut pas exagérer quand même, sans déc’ (je continuerai à en faire sinon ma vie serait ennuyeuse, mais ailleurs, dans ma sphère privée). Non, allégé: je ne suis maintenant responsable que de moi, et pour ceux qui m’aiment. Ma dernière porte de fuite est close.

Cette année, en 3 étapes, j’aurai tourné une page de ma vie, entre mariage résilié, carrière ramenée à sa juste place, et une certaine passion dévorante – donc condamnée – finie. La meilleure ou la pire de mes pages ? Je ne sais pas. C’est trop tôt. Il faut encore la digérer. Mais la suivante sera en toute état de cause meilleure, et l’est déjà en fait.

Malgré le gosse qui se nourrit en « bobos » de mes angoisses, j’ai définitivement tourné cette page plutôt que de la laisser ouverte et remplacer « dans l’urgence » les disparus par d’autres ou d’autres choses, et continuer ainsi à courir au devant de mes peurs. J’ai fait un sort à celles-ci en m’y confrontant. Je suis devenu conscient de ce que je suis et de ce que j’ai, et je me suis donc simplifié la vie pour la ramener à ce qui compte donc vraiment et fait du sens.

Car il n’y avait plus, et depuis longtemps en fait, d’angoisses existentielles devant lesquelles fuir, de sentiments à d’autres, de « maman » à d’autres, qu’elles soient femme ou travail comblant la peur de ne pas être aimé ou reconnu. Certaines choses qui n’eussent du durer que quelques nuits, semaines ou mois, tant qu’on n’y trouve que du plaisir et rien d’autre, ont été tirées en longueur pendant des années pour des craintes infondées. Ca n’avait pas de sens, ou alors ça n’aurait plus du en avoir depuis bien longtemps, comme j’ai commencé à le comprendre depuis le début de l’année, en laissant le rationnel comprendre et cornaquer l’émotionnel, en laissant l’adulte prendre le pas sur l’enfant malgré ses crises, grâce à « Magic Simon » et son regard doux. La lassitude de certaines choses – du travail étouffant au caractère « mémère maniaco-dépressive en quête de reconnaissance » d’un être aimé, réellement quand même – n’était que la conséquence de ce lent rejet d’un passé angoissé mais révolu depuis longtemps. Ca ne collait plus avec les envies renaissantes. Ce n’est pas cette découverte qui fit mal, mais le fait de couper ces liens qui a fait hurler l’enfant.

Oui, beaucoup de choses dont je rêvais où que je faisais il y a longtemps, et que j’ai mis entre parenthèses par angoisses d’un vide inexistant, redeviennent possible et commencent à se matérialiser, enfin. Beaucoup. Je reprends le chemin de ma vie interrompu il y a 10 ans. Je ne considère pas avoir perdu de temps pour autant: j’ai simplement cessé de m’oublier en me détachant de l’inutile pour retrouver la légèreté de mon être. Je ne remplace pas tel ou tel élément pour calmer mes angoisses en les y transférant, comme on change de médicament: je laisse simplement celles-ci quelque part, auprès de qui les a finalement le mieux symbolisées, pour vivre enfin ma vie et la possibilité de mes envies.

Et on ne parlera plus que de ça, ici, d’ailleurs, de ces « envies possibles » qui se vivent; car le passé est mort – sauf pour s’en moquer via une leçon de « Magic Simon », mon sauveur, ou les engueulades gentilles de mes amis, les vrais car ils vous disent les vérités qui fâchent.

Parce qu’il faut éviter de retomber dans un cycle infernal: l’enfer n’est jamais loin du paradis, et il faut finalement peu de choses pour tomber de l’un à l’autre.

Et parce que, qui sait, ces « saynètes » pourraient donner des idées à certains qui poursuivent leurs propres fuites devant des angoisses laissées intactes, de bras à d’autres, malgré les apparences de la nouveauté. Car enfin, entre nous, êtres raisonnables qui pensons, une voiture même « neuuuuuve » reste un tas de plastic, de métal et de verre; un zoom de même, et pour une valeur encore moindre; et les secondes et les minutes, voire une journée de retard, ne sont que peu de temps si on les ramène à la durée d’une vie et à l’intensité de quelques moments même brefs. Tout ça, ce ne sont pas des êtres et ça ne mesure pas des sentiments et leur respect, si on en a. Il faut avoir le courage d’affronter ses peurs pour ne plus faire mal aux autres: je n’étais pas le premier à souffrir de ces errements. Serais-je le dernier ? J’ai presque envie d ele souhaiter. Presque, pas tout à fait.

La page est donc tournée, sur son dernier paragraphe. Et la suivante ? Et bien, je vais continuer à la noircir – « chic, chic » dirait Lilou. Je continue à créer mes 10% en plus, la quantification du bonheur chère à Marc (Marc, entre 2 verres…). Pas plus. Dans une semaine, c’est back to Cairo; avant Budapest, Vienne, Marrakech, Goa et le reste par la suite, car le monde est au creux de ma main, sans voiture mais avec mon nouveau zoom (65 €) et mon coeur en bandoulière.

Parce que j’ai envie de retrouver un sourire moqueur, des yeux d’adulte, des joutes oratoires d’intellos qui titillent mon cerveau trop longtemps chloroformé de clichés et d’insignifiances, une tendresse qui joue à cache à cache avec les doutes et réveille mon instinct de chasseur de fauve (le petit tigre est ma grande spécialité)… et le soleil qui tape dur sur mon nouveau panama beige.

C’est qu’on est bien plus au sud, là bas mais aussi dans nos coeurs. Mais ce n’est pas un problème: notre chambre est parfaitement réfrigérée. Ca permet de distinguer la chaleur des sentiments de la chaleur ambiante. L’essentiel de l’accessoire. Le contraire de l’insignifiant.

Bonne journée !

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~ par nrs sur 1 septembre 2007.

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