Nous, les quadras (III)

(Là encore, lire ça sans avoir lu au préalable “Nous, les quadras (I)“ et Nous, les quadras (II)“ , ça ne sert strictement à rien, mais alors à rien du tout ! Z’allez me prendre pour un quadra déjanté ! Alors, please, por la virgen, repassez par la case « départ », comme au Monopoly: y’a pas 20,000 balles à prendre, certes, mais une meilleure cohérence du propos, si tant est qu’elle existe) 

 Alors où en étions-nous ? Ah oui ! Comment conquérir son propreeverest4.jpg Everest en compagnie d’un quadra l’ayant déjà conquis une première fois, dès lors que l’on préfère cette option là à la conquête en solitaire ou en compagnie d’un adolescent acneïdé. Sachant que toute première génère des angoisses – et la femme n’ayant pas encore conquis l’Everest n’y échappe pas, comme l’ado avec l’acné: on est tous égaux devant les défis – comment éviter de pourrir la vie dudit quadra avec ces besoins sachant que lui ne cherche plus qu’à assouvir ses envies, et l’accompagner dans son plaisant chemin en y trouvant son compte?

Avant de vous prodiguer mes « conseils » (Pfrttttt !!! Uhuhuh !!!) pour un survival kit efficace, une précision s’impose: toutes mes conneries – car soyons sérieux le temps de quelques lignes: comme prévu car désiré (j’en avais ENVIE), mon nouveau boulot me laisse du temps pour les débitter à la manière d’un abatoir industriel, à la pause déjeuner – ne visent PAS à prétendre que le quadra est l’idéal masculin achevé. Loin de moi cette idée: au contraire, même ! Fuyez, fuyez !

cesar-big.jpgD’une part parce qu’il ne faut JAMAIS idéaliser un homme quel que soit son âge car ça vous amènerait immanquablement à le détruire à coups de marteau pour vous mettre à son niveau (sauf si vous êtes une quiche): au début il vous servira de faire-valoir (« J’suis la femme de César »), statue.jpgà la fin vous chercherez à devenir son égale pour être reconnue (« Parce que je le vaux bien », et pas que pour du shampoing Loréal); et donc entre les deux ce sera « déboulonnons la statue » où vous souffrirez finalement autant que lui !

D’autre part parce que le quadra est tout SAUF le « gendre idéal ». Vu ce qu’il a vécu et ce qu’il est devenu – un mec revenu de tout mais non blasé pour autant (une fois qu’il a pigé ce qui lui arrive), c’est normal: il ne se mettra plus en quatre (il en a 10 fois plus, justement) et ne se niera plus pour sa « môman » que vous ne serez pas – puisqu’il l’a enterrée après l’avoir remplacée. Ca ne fait pas de lui un égoïste fini, encore une fois: c’est simplement que les termes de l’échange entre vous et lui ne relèvent pas du roman à l’eau de rose, pas plus que du roman de gare.

Bref, je ne vous vends pas le quadra: c’est vous qui l’avez choisi au supermarché, plutôt qu’un jeune premier dynamiquement couillu qui narguerait l’Everest avec son acné, ou un sexa encore plus expérimenté mais qui se contenterait de regarder le soleil se coucher depuis le sommet où il serait retourné, enfin au calme, en vous prenant pour son infirmière. Si le client est roi, le client doit aussi assumer ses choix, nom de Zeus !

Allez, ma liste des choses à ne pas faire ou à faire.

1 – Ne le prenez pas pour votre papa. Outch, mes lectrices vont hurler et me traiter de phallocrate absolu !!! Mais non, mais non: si vous acceptez l’idée que l’homme cherche sa maman à travers vous – et d’ailleurs vous blaguez entre vous sur le fait que vos hommes sont de vrais gosses, avouez-le ! – et bien acceptez simplement qu’il en va de même pour vous et que tant vos pulsions reptiliennes que l’inconscient collectif sociétal vous font recherche la protection du mâle en lieu et place de votre papa (et entre nous, nous aussi on en cause pour se fendre la tronche).

Dramatique ? Oui, comme pour nous et nos mamans, mais c’est comme ça. Et d’ailleurs votre père aussi est dans cet état d’esprit: doté de 2 filles, je me suis déjà promi d’accueillir les salauds qui tenteront de me les chipper à grands coups de fusil à pompe ! Non mais, sans blague !!

Bref, vous cherchez des bras « attentifs et aimants » pour reprendre l’expression d’une de mes relations, qui vous rassurent sur ce que vous êtes – ce qui est très important dans une société qui reste celle des mâles. Est-ce à dire comme Mel Gibson, que vous chercheriez l’amour en couchant pendant que l’homme en parlerait pour coucher ? C’est possible. Mais il est clair que vous attendriez alors du quadra une attention paternelle constante  qu’il ne vous donnera pas car il la réserve d’abord à ses propres enfants, tout comme lui attendra de vous ce qu’il ne recevrait pas alors: votre accomplissement en toute autonomie.

Alors je ne vous referrai pas le « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus » – z’avez qu’à le lire, comme moi – mais c’est clair que ça ne collera pas avec un quadra si vous ne maîtrisez pas cette quête là pour la ramener à de justes proportions. Ne lui demandez pas de dire tous les jours qu’il vous aime, n’attendez pas non plus qu’il vous le prouve à tout bout de champ: il le fera plusieurs fois par jour s’il en a envie, et quelques fois non. Et s’il vous le disait tous les jours, ça prouverait quoi ? Mais s’il est là, avec vous, c’est que tel est le cas, qu’il vous aime, surtout s’il en profite pour foutre en l’air, pour vous, les derniers vestiges de son passé de gamin, condition nécessaire à une bonne ascension en commun.

Et en fait, s’il est là, s’il fait ça, c’est même parce qu’il retrouve l’ENVIE, grâce à vous. Acceptez celà, recevez ce qu’il vous donne alors, car lui a accepté ce que vous lui apportiez sans le savoir: l’envie d’une seconde ascension avec une compagne. Oui, ramenez ce qu’il vous donne à ce qu’il est, et non à ce que vous êtes; et faîtes de même pour ce que vous coyez lui donner: il ne veut pas être idéalisé, il veut que vous lui donniez ENVIE

La solution ? Le dialogue entre adultes, ce qui ne colle pas avec le dialogue fille-père. Et s’il replonge dans sa caverne pour ruminer son passé et mieux comprendre son présent, ne lui courrez pas après en quête de votre reconnaissance journalière: bannissez le mot « besoin » de votre vocabulaire – car vous n’êtes plus une enfant, et tentez plutôt le « si tu as envie de moi, je suis là » – ce qui ne peut que l’inciter à sortir la tête de son trou, avant le service trois-pièces et le reste.

Vous n’y arrivez pas ? Il vous faut un « papa » rassurant sur ce que vous êtes ? Essayez le quadra veuf: mortifié d’avoir survécu, il sera comme un père pour vous… pour peu que vous acceptiez qu’il vous parle avec des soupirs de regret de la défunte.

2 – Ne vous prenez pas pour sa môman ! Sa mère ? « Qu’est-ce à dire ? », comme le disait (Joseph Désiré) Mobutu Sese Seko Kuku Ngendu wa Za Banga à propos de la zaïrianisation du Congo, dans son style linguistique ampoulé d’enfant éduqué par les bons pères blancs ? Réponse: ne projetez pas sur lui VOS angoisses sur ce qu’il deviendra – et vous avec donc ! Car de quoi s’agit-il ? De vos projections sur lui de ce que vous êtes ou pensez être et qu’il doit donc être.

Le rapport aux choses matérielles – argent, maison, voiture, appareil photo, fringues – est très révélateur de la conscience que l’on a de soi. L’on peut considérer lesdites choses comme le symbole de sa réussite, finale ou temporaire, au point de s’y attacher plus qu’à tout, y compris plus qu’aux êtres, parce que ça vous protège. Oui, les possessions rassurent.

Or le quadra se libère de ça. Il ne voit soudainement dans les choses matérielles qu’un outil pour se faire et faire plaisir, plus du tout une fin en soi et encore moins un asservissement, surtout s’il gagne bien sa croute et qu’il met tous les mois ses enfants à l’abris du besoin. La bicocque coûte cher ? Ouai, mais le loft de 300m² va permettre de teufer grave, et on peut toujours switcher pour un studio de 30 m² si on veut s’faire un tour du monde. La bagnole est pourrie au bout de 12 ans ? P’tet’bien, mais elle roule encore, donc ça va. Etcetc.

Si vous n’êtes pas comme lui, attention dès lors au choc. Tiens, justement, à propos de choc, parlons de parre-chocs. Vous pensez qu’il vous manque de respect parce qu’il pose son pied sur celui de votre nouvelle voiture ? Parce qu’il ne respecte pas votre symbole temporaire de réussite sociale ? A l’argus, dans 5 ans, votre parre-chocs ne vaudra plus rien du tout. A la rigueur une Porsche, qu’il pourrait utiliser à 50-55 balais pour draguer, why not, ça se discuterait. Mais même ça, bof, bof, bof vu le prix de l’essence dans 10-15 ans.

Questions: vous ne croyez pas que le pied sur votre parre-chocs pèse peu au regard du gîte ad vitam aeternam qu’il vous offre ? Vous croyez qu’un zoom à 65€ vaut la vie commune qu’il vous propose ? Vous croyez-vous plus maligne que que le p’tit blanc de la « teuci » qui tire à coups de fusil sur le môme qui lui chippe son auto-radio ? Vous êtes sure d’être réellement sa mère, qui seule peut le « gronder » pour ce genre de choses ? De quel droit ? Sur quelles bases ? Ses affaires qu’il maltraite ou néglige éventuellement, est-ce vous qui les lui avez offertes ? Croyez vous qu’elles prouvent qu’il est un incapable, alors qu’il a une meilleure situation que vous ?

Bref, vous n’êtes pas « môman » enseignant à son enfant à bien se tenir: vous devez être mieux que ça, pour le mieux et à votre profit d’ailleurs, car sans les angoisse d’une mère. N’essayez dès lors pas de le ramener dans votre monde: entrez plutôt dans le sien, moins stressant et moins matérialiste, avec les bonnes choses du vôtre, pour le modifier par petites touches et en faire un monde commun. Ne lui imposez pas vos angoisses sociales de réussite: la réussite matérielle est déjà derrière lui, il en cherche une autre d’une autre nature, plus belle et plus durable, une qui fait du sens, enfin.

Vous n’arrivez pas à vous contenir ? Vous n’arrivez pas à le rejoindre à l’étape où il vous attend ? Prenez un ado qui cherche « môman » pour démarrer à zéro: vous réussirez, peut-être.

3 – Ne le cocufiez pas, car vous dévisseriez toute seule ! Ah le mythe du « j’relance la flamme en m’affichant avec un autre ». Ca peut marcher avec celui qui s’apprétait à tenter sa première ascencion avec vous – parce que ça le retarde. Mais avec celui qui, whatever happens, seul ou non, repars pour sa seconde montée, ça ne marche plus. Warum ? Parce que le quadra n’est plus à la recherche de sa maman ou de son enfant. Vous êtes donc remplaçable à tout moment de sa grimpette – et par ailleurs méprisable à vie (le temps que l’indifférence s’installe) nonobstant les sentiments qui perdureront.

Pourriez-vous néanmoins vous consoler en vous disant que vous vous seriez vengée de son manque de respect allégué en portant atteinte à son honneur de mec, sa virilité ? Pfrttttt !! Même pas ! Car si le quadra actuel est le rejeton empêtré de la génération SIDA, il sait aussi qu’il est la star de la génération VIAGRA, qui lui permettra d’éviter les affres que connurent les anciens QUINQUAS (sauf P. d’son temps !!!!) . Bref, whatever, encore et toujours, pour vous ou une autre, il BANDERA !

Et vous ne pourriez pas plus vous dire que chacun repars à zéro, et donc qu’il en souffre autant que vous. Eh non, because lui, il en est déjà à sa seconde ascension et continue son chemin, justement. Il n’a pas un sentiment d’échec, ou alors seulement l’espace d’un instant vu le temps qu’il a perdu. Pas vous qui ne faites que dévisser et redévissser, encore et toujours dans la première ascension. Et à force de dévisser, vous risquez de ne plus intéresser personne avec votre réputation de mauvaise grimpeuse, et donc de perdre du temps, ce qui accroitra vos angoisses de l’échec et vous prédisposera à re-échouer, encore et toujours, sauf à rencontrer votre Magic Simon qui vous aidera à vous comprendre – car si on peut chasser le naturel dans la nouveauté, il reviendra au galop avec le temps en l’absence de mesures appropriées: on ne commande pas à son inconscient.

Vous n’êtes pas d’accord ? Vous ne pensez pas être angoissée du tout ? Vous pensez être une hédoniste qui fait ce qui lui plait – et non une libertine suicidaire ? PAN-PAN-PAN ! Si pour dévisser il vous a d’ABORD fallu repérer un nouveau grimpeur, n’est-ce pas l’expression même de la pire de vos angoisses: finir seule ? L’angoisse d’être oubliée qui vous a fait se comporter comme sa môman ou sa fifille et qui vous a valu sa lente distanciation – car « action » entraîne « réaction ». A moins que le nouveau grimpeur ne soit définitivement le (nouveau) vrai homme de vot’vie. C’est tout ce que l’on peut vous souhaiter, sous peine de finir avec vos attributs physiques féminins et votre coeur formolisés dans des urnes ornées du mot « regrets ». Le fait de les placer sur la cheminée ne réchauffera rien en vous.

Bref, la cocufixion est une solution à ne choisir que pour vous fuir vous, à la rigueur, si vous avez peur d’apprendre à gérer vos angoisses,  en choisissant « autre chose autrement » en croisant les doigts pour que ça marche, cette fois-ci – et « adieux Berthe » com’dirait ma tante !

4 – Alors, Que faire ? pour reprendre le titre d’un bouquin de Vladimir Ilitch Lénine (sur un sujet aussi sérieux finalement, puisqu’il s’agissait de la quête du bonheur – oui, même les bolchos y croyaient au bohneur, quoi que l’on pense de leurs méthodes).

Le quadra débuttant que je suis ne peux à ce stade que suggérer une méthode recontrée il y a peu, diablement efficace pour le faire définitivement émerger à sa quadrature. Elle est très simple: ne niez pas vos angoisses, gérez les en en jouant, de manière à attirer le quadra en le scotchant. Transformez vos besoins, parfaitement légitimes, en envies chez lui pour vous.

Voilà ma prescription, en forme de recette de quat’-quarts (car on est toujours dans la série des 4 dans c’t’histoire):

– Le besoin de crier son amour ? Un quart de voix ténue venue du fond du coeur, d’une tendresse folle. Placée au bon moment, elle procure des frissons des semaines plus tard (là, j’en ai la chair de poule rien que d’y penser). C’est que le quadra reste un petit peu romantique quand même; et puis ça le flatte et il y est encore un peu sensible. 

– La joie et la bonne humeur, parce que la vie qui reste ne doit pas être enmerdifiante ? Un quart de voix emphatique, type femme fatale sure d’elle, afin de recruter des Sigisbées pour les croissants du matin, une virée en voiture à la mer et autres caprices, et qui n’hésitera pas à payer de sa personne une nuit – et une nuit seulement hein ? – si la poursuite d’une joute intelectuelle avec ledit bonhomme en vaut la peine. Pas pour fuir ses angoisses dans la baise ou se sentir aimée l’espace d’un étriente, encore moins pour rendre l’autre jaloux: juste pour le plaisir, dans la joie et la bonne humeur, sans besoin de se murger la gueule en public et de se déhancher comme une danseuse de cancan d’un bar pourris du désert texan pour se sentir admirée et/ou aimée (ce que vous ne serez pas: on n’admire ni n’aime un possible objet sexuel d’une nuit). Votre quadra, à qui vous en parlerez en riant, se dira que vous êtes géniale: vous serez VOUS son faire-valoir, et non le contraire.

– Garder son « official jules » au lit pour éviter qu’il ne musarde trop ailleurs, voire même pas du tout ? Un quart de « petit tigre », qui l’incitera à se dépasser à chaque fois – il y arrivera au fil du temps: 4 fois dans la journée, moi ça f’sait des lustres ! J’en ai encore des courbatures ! – sachant que chaque fois sera différente, mais surtout que, par définition il ne pourra pas vous dépasser (logique mécanique implacable, hélas). Vous ne risquez à terme, long terme même, que l’égalité: il ne se lassera jamais.

– Résultat ? Il vous reste le dernier quart, celui pour exprimer à votre quadra vos caprices en tant que tels – et non les dissimuler en tout dans toute chose, la chipie façon Scarlett O’Hara, la splendide tête à claques. Dangereux ? Non, car avec les 3 premiers quarts vous aurez aidé le quadra à devenir un magnifique Rhett Buttler qui se foutra de vos récrimination comme d’une guigne, mais avec le sourire si pas le rire, et sans se lasser. Et donc vous combinerez votre scarlitude à votre 2ième quart (la voix emphatique) pour faciliter encore plus le recrutement de vos Sigisbées patissiers ou chauffeurs de luxe qui subiront eux votre chipitude – ce qui évitera encore plus tout risque de fuite vers ça et donc de jalouseries chez l’autre, un caprice n’étant rien d’autre… qu’un caprice, justement. Bref, vous serez vous aussi gagnante !

D’autres sous-personalités dans tout ça ? Sans doute. Mais n’oubliez pas qu’un homme a du mal à faire plus d’une chose à la fois (normal vu sa sexualité primaire). Alors on s’arrêtera à 4: y’a de quoi faire ! Bref, la méthode quat’quarts, c’est gagnant-gagnant, en alter-égaux et non égo contre égo, en autonomie et non en inter-dépendance: vous pouvez exprimer vos caprices de la manière la plus claire – c’est à dire multiple, et ce sans que le quadra, pour avoir la paix, ne vous donne un coup de pied qui vous fasse dévisser de la pente.

Mais je vous vois venir, vous qui me connaissez bien… « Scarlet O’Hara ? Rhett Butler ? C’est Gone with the wind ça ! Mais on te croyait fan de Casablanca et d’Humphrey Bogart, « Boggie ze magnificient cornuto », romantique comme un possédé au point de sauver la femme de sa vie et son nouveau Ken avec qui elle l’a corné quitte à se mettre à dos Hitler et ses hordes noires, sans espoir, dans le désespoir le plus total même !!! Tu fait dans l’Rhett Butler maintenant ???? T’as un sacré problèèèèèèèèèèèèèm’ !!!!!! Tu d’viens nunuche ou quoi ?????? ».

Ben non, vous n’avez pas compris Casablanca, et finalement moi non plus pendant des années. Je me le suis revu il y a peu: c’est le contraire ! Boggie revoyant la Bergman avec Mr « Play it again » Sam jouant As time goes by (*), réalise que c’est fini, en a marre de jouer l’amoureux transis qui ne s’amuse de plus rien car ses BESOINS restent inassouvis – d’autant que la Bacall l’attendait au tournant pour Le Port de l’angoisse 8 ans plus tard; bref-il-s’en-fout ! Il devient ENFIN un quadra, qui veut renouer avec ses ENVIES de jeunesses (enmerder les fachos en passant des armes aux républicains espagnols): il ne sauve pas la Bergman et son Viktor Laszlo. Il retrouve son plaisir révolutionnaire (mais ce peut être un plaisir sportif ou patissier, selon les goûts des uns et des autres, voire même le tuning) en sauvant le résistant Laszlo des nazis – et non le corpus delicti de son corniflage, ce qui a pour effet collatéral (et pas plus) d’aider la Bergman.

Certes, elle, elle se sent doublement flattée, se disant (1) qu’elle a aimé un type génial – donc qu’elle l’est aussi (la théorie du faire-valoir) et que (2) malgré ce qu’elle a fait il est encore raide-dingue d’elle (j’suis irrésistible, j’ai tous les mecs à mes pieds, j’suis reconnue, j’le vaux bien). Mais ce n’est pas ça – mais tant mieux si ça suffit à son bonheur temporaire: il suffit de regarder le sourire de Boggie à la fin du film, son premier vrai sans mélancolie ou rancoeur quand il lui parle, pour s’en convaincre. Il se fend la poire en fait car il a fait tourner en bourrique les boches !!! Il est au-delà de ça, il est lui, enfin, parti vers de nouveaux horizons en quadra retrouvant ses blagues de potaches de type bombe à eau ou punaises acérées sur la chaise du prof, en compagnie de son nouveau pote, Claude Rains (magnifiquement grandiose de cynisme scolaire). Certes, dans son cas particulier, il n’en fera qu’une seule d’ascension de l’Everest finalement; mais façon seconde montée, à la cool, dans un esprit socialo-libertaire cher à Onfray qui lui permettra de rencontrer la Bacall entre deux parties d’échecs – son dada de quadra.

Comme vous êtes des cinéphiles avertis, vous me direz alors que c’est quand même mal barré pour moi tout ça, because dans « Autant en emporte le vent« , à la fin, Rhett envoie bouler Scarlett (Ahhh, le mythique « Frankly my dear, I don’t give a dam‘ « ) pendant que la Scarlet pleurniche son « Tara, Tara ! » avant de s’exclamer radieusement « But after all, tomorrow is another day ! » – ayant enfin compris qu’elle avait en fait atteint son Everest depuis belle lurette grâce à Rhett. Mais non, again, c’est vous qui auriez tort: Margaret Mitchell étant morte accidentellement avant de se coller à la suite de son premier opus, nous savons néanmoins qu’of course Scarlet et Rhett allaient se retrouver, parce que les américains aiment les drames, pas les tragédies (sauf en matière politique). Et que comme ça ne pouvait pas être tragique, il fallait donc bien inventer une séparation pour mettre du sel dans l’histoire !!!

Ben, comme Carrie et Mr Big dans Sex and the City alors, finalement ? ‘tet’bien. Who knows ? Sauf que dans le premier cas, c’est quand même de la bonne littérature et en tout état de cause du grand cinéma (David O. Selznick Productions, if you please). Dans le second, ce n’est que de la soupe télévisuelle. Et que globalement, ça reste une illusion: quand on s’est perdu, on ne se recroise jamais sur les pentes de l’Everest… car il est trop vaste et surprenant pour que l’on perde son temps à y rechercher son passé. As time goes by.

Bon, mon prochain blog portera – à la manière d’Umberto Ecco avec son saumon – sur l’art de voyager sans son passeport. Ca dépendra de ce qui’s’pas’ra dans les heures qui viennent !!!

Bonne quadrature !

(*)  As time goes by, d’Herman Hupfeld, chanté par Dooley Wilson dans Casablanca (http://www.youtube.com/watch?v=F_bMFVDu9yo)

You must remember this
A kiss is just a kiss, a sigh is just a sigh.
The fundamental things apply
As time goes by.

And when two lovers woo
They still say, « I love you. »
On that you can rely
No matter what the future brings
As time goes by.

Moonlight and love songs
Never out of date.
Hearts full of passion
Jealousy and hate.
Woman needs man
And man must have his mate
That no one can deny.

It’s still the same old story
A fight for love and glory
A case of do or die.
The world will always welcome lovers
As time goes by.

Oh yes, the world will always welcome lovers
As time goes by.

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~ par nrs sur 4 septembre 2007.

5 Réponses to “Nous, les quadras (III)”

  1. waouw tu devrais écrire un livre… Mais bon, en tant que trentenaire, la seule chose qui me vient à l’espit quand je lis ça (je les ai tous lus, un homme qui lit « mars & v&nus », ça ne se trouve pas à tous les coins de rue, respect) c’est de fuire en courant tout quadra se trouvant à proximité… ce sont donc des gens devenus par la force des choses absolument égoïstes en tous points, à qui on devrait tout dédier au vu de leur grand âge et leur respectueuse expérience? ou alors je n’ai rien compris. Oulàà, moi je n’aurais qu’une chose à dire : les filles, fuyons !

  2. mmm… mais non, « une trentenaire », tu as pas lu ce que j’ai écrit, ou alors de travers… « une trentenaire »…ne se connaitrait-on pas d’ailleurs ??? Zarbi, zarbi.

    Je ne dis pas que ce type de quadra (divorcé, avec enfants et ayant réussi professionnellement) est un sale égoïste. Pas du tout (voir « Nous les quadras (II) »). Mais il n’est pas plus une carpette. Je crois même avoir écrit dans cette entrée que tu commentes que mes conneries (c’est dire avec quel sérieux je prends mes considérations…) « ne visent PAS à prétendre que le quadra est l’idéal masculin achevé. Loin de moi cette idée: au contraire, même ! Fuyez, fuyez ! »

    Par contre, si vous choisissez un tel quadra, alors soyez attentive à ce qu’il est. Généreux ? Il l’est et j’en sais quelque chose, mais pas en s’oubliant (j’en sais quelque chose là aussi) lui. Apaisé ? Oui, de plus en plus au fur et à mesure qu’il se débarasse de sa peau de gamin – ce qui explique justement qu’il ne se veut plus carpette au moindre caprice de la Dame. Dès lors, vous ne pouvez pas lui demander de jouer le rôle du Prince Charmant, du jeune premier, car ça il l’a déjà été, en est revenu, et ne peut donc plus l’être.

    Et puis, est-ce qu’un tel quadra pèterait les plombs pour une bagnole ou un appareil photo ou autre « petits problèmes du quotidien » ? Non. Ou alors sur l’instant, sans conséquence. Une angoissée, oui, ne distinguant pas l’essentiel de ce qui l’est moins because son propre état, et ramenant dès lors le respect à ses seules perceptions immédiates, sans mesurer ce que tel ou tel geste représente pour son auteur… Le quotidien a son importance, certes, mais il peut toujours se gérer, par transactions successives et explications, donc intelligement dans le dialogue, sans sacrifier le grand A, l’ENVIE de l’autre: tant que l’ENVIE est là, il faut pousser.
    Alors que les envies ne correspondent pas aux besoins, dont acte – et c’est là tout le problème du quadra avec qui l’on voudrait faire sa première ascension: l’offre et la demande peuvent avoir du mal à se rencontrer (voir l’opus n°I). STOP ! Mais l’égoïsme, dans tout ça, et bien je ne sais franchement pas où il est.

    Bref, la cliente est reine… mais elle doit assumer son choix…. et ne pas attendre donc que l’égoïsme dudit choix cède devant le sien ! Elle veut un quadra ? Faut le prendre dans son contexte. Mes textes ne disaient pas autre chose. Rien d’autre.

    Bonne journée « une trentenaire » dont le style ne m’est pas inconnu… et bonnes vacances si tu es qui je crois, sincèrement !

  3. Complément à ce passage (que j’aime beaucoup !):
    « …ou un sexa encore plus expérimenté mais qui se contenterait de regarder le soleil se coucher depuis le sommet où il serait retourné, enfin au calme, en vous prenant pour son infirmière. »

    « JEUNE HOMME, 60 BALAIS, REGARDE LE SOLEIL SE LEVER TOUS LES MATINS EN RIGOLANT DEPUIS 20 ANS, C’EST À DIRE DEPUIS QU’IL A VIRÉ TOUTES LES CONNES QUI SE PRENAIENT POUR DES MAMANS, DES INFIRMIÈRES OU DES PSYS… »
    :o)
    Je t’embrasse, Amigo
    P.
    (elle est bien , la trentenaire…!?)

  4. MDR ! Mais pourquoi ne suis-je pas surpris ?????? T’es un sacré putain de jeune homme toi – et un vrai !!!!!

    Je t’embrasse fort, mon P.

    Nick

    (elle est très bien, whatever. très)

  5. Savez quoi ?
    Homme / femme : même combat ! suffit de le dire ! … sauf que je défends les sexa et même les quinca. Ils ont des qualités … de sages … délicieuses.
    Euh, je me permets : vous semblez avoir atteint cette sagesse.
    A confirmer, bien sûr, par vos futures ou votre future. 😉

    Pomme

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