Parler…

John Fitzgerald Kennedy déclara un jour « Ne demandez pas à votre pays ce qu’il peut faire pour vous, demandez-vous plutôt ce que vous pouvez faire pour lui« . Ramené à la sphère privée, l’on pourrait dire « Ne demandez pas, donnez selon ce que vous pouvez« , faisant écho ici à une certaine parabolle de Yeshua (celui qu’on appelle aussi Jésus) comparant l’offrande d’un riche avec celle d’un pauvre.

Bon, « Arrêtes de faire des ronds dans l’bassin ! Ouesk’ tu veux en v’nir ? » me direz-vous.

Au respect, entre femme et homme.

Une amie dont un rendez-vous fut annulé d’un sec SMS – alors qu’elle avait réservé sa soirée – me dit que son ami lui avait manqué de respect en ne lui téléphonant pas pour s’excuser et/ou s’expliquer. Or son ami à des soucis, d’une autre vie – disons qu’il passe au statut de quadra un peu malgré lui. Il alterne donc ouvertures avec fermetures, envies et peurs, rentrant dans sa caverne dès que les mauvais pensées émergent en lui, pour ruminer ses soucis passés et présents, et essayer de se donner un futur – ou plus simplement en fuir la simple penséecar elle l’éloigne de ce qui fut et qu’il pensait « éternel ». Je sais, j’ai connu ça.

Il est dur alors d’être capable de communiquer son ressenti sur l’instant, de décrire ce qui « cloche », de dire « ça ne va pas, ne m’en veux pas, c’est pas contre toi, mais je ne peux pas, la soirée sera mauvaise pour nous deux« ; et l’on est « gêné » de ne pas y arriver. Alors, pas « respect » mais aussi de peur de perdre ou de faire mal, nous nous forçons à être là, à « assurer », mais traduisons par notre corps et notre comportement notre besoin d’être ailleurs; et l’on ne fait que des catastrophes car la tête est loin du corps et ne contrôle plus rien. Ou alors, quand faire semblant est impossible, parce nous « n’assurons pas », alors cons comme nous sommes nous les hommes, nous inventons n’importe quel prétexte, dont nous savons qu’il ne vaut rien; et nous fuyons le face à face, lâchement tant il ne vaut effectivement rien (je me souviens avoir il y a quelques années pretexté l’absolue nécessité que je répète mes gammes sur ma basse électrique… pfrtttt !!).

Parce qu’il est finalement dur de dire sa faiblesse.

Je suggérai donc à mon amie que le manque de respect, c’est finalement comme un délit en droit pénal: l’intention compte, soit pour caractériser le délit, soit pour l’écarter au profit de l’erreur ou du malentendu, voire de la bêtise, laquelle n’est jamais criminelle.

Quant au respect, il n’est finalement que ce chacun fait pour l’autre dans sa situation, son environnement, et selon ses possibilités: il doit être apprécié dans le contexte de celui qui donne, et non de celui qui reçoit. Ca ne colle pas ? Les dons ne rencontrent pas les besoins ? Personne n’y trouve son compte ? Soit. Mais ce n’est pas manquer de respect que de ne pas se rencontrer, quand bien même l’on s’aimerait comme des fous. C’est qu’on n’est pas ou qu’on n’est plus synchro. Dramatiquement car l’on peut toujours réagir, et sans tragédie car il n’y a pas de destin qui vaille: l’on fait des choix.

On ne gagne rien à transformer ses angoisses d’abandon ou de mal-aimé(e) en colère, si ce n’est à la rigueur des ulcères en plus du mal-être. L’on risque par contre de perdre de vue l’essentiel: l’ENVIE de l’autre et ce qu’elle peut apporter, contrariée par ses propres peurs. Tiens, et d’ailleurs, pourquoi ne pas parler à l’autre de ses ENVIES à lui, quand on le sent angoissé ou absent malgré sa présence, ou ailleurs tout simplement ? « Je sais moi que tu vas mal, derrière ta maladresse, ta rudesse ou ton inconsciance inconséquente. Quand tu auras envie de moi, je serai là« . Simple, tellement simple.

Parler d’amour pour le sauver, et non de rancoeur pour l’assassiner. Mais il faut le parler à deux.

Allez, bref, évitons le « romantiquement mortel »,  même s’il inspira Purcell de la manière la plus sublime qu’il soit pour les lamentations de Didon qui, le coeur brisée, se suicida au départ d’Aenas (http://www.youtube.com/watch?v=U6ZQACoD1C8&mode=related&search=). 

Disons plutôt que la vie est belle, toujours, pour ceux qui savent se parler d’amour dans la confiance, comme me l’apprend du côté de mon Toulouse maternel mon génial Art Mengo (*).

Et sur ce, partant au Caire pour une, voire deux semaines – selon ce que mes envies me dicteront, comme un quadra –  je vous dit « à (très) bientôt ».

(*) Ute Lemper & Art Mengo – Parler d’amour (Désolé, je n’ai pas trouvé de diffuseur sur le net. Si vous la choppez, donnez moi l’adresse… ‘rci !)
 
Parler d’amour,
Parler d’amour telaviv01.jpgpoli, comme ces galets qui rient
Aux marées finissantes un soir d’avant tempête
Parler d’amour

Parler d’amour
Comme un jeu déferlant, quand la mer est muette
De ces amours qui poussent entre deux cœurs en douce
Parler d’amour

Ne pas parler de nos départs
Des déchirures sous les regards, les amertumes
Comme on se cache (bis)

Parler d’amour
De ces amours trop clairs pour laisser sur la pierre
La blessure insolite de nos amours maudits
Parler d’amour

Parler d’amour
Pas de ces haines cachées aux lendemains des rêves
Sous les mots acérés comme des tranchants de glaive
Parler d’amour

Ne plus parler de nos hivers
C’est vraiment mal et puis se taire
Et puis se taire
Parler d’amour (bis)

Parler d’amour
D’accord mais d’amour tendre alors
Parler d’amour
Parler, Parler, Parler d’amour

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~ par nrs sur 7 septembre 2007.

3 Réponses to “Parler…”

  1. … et parfois, quand elle est en train de chercher midi à quatorze heures, juste lui dire « Chut… ne dis rien… viens… »
    et ne pas parler la bouche pleine.
    Bon voyage, fieu, et ne dis pas aux douaniers comment tu as obtenu ton passeport: on va te retrouver à Guantanamo !
    P.

  2. Surtout ne pas parler la bouche pleine ! Jamais !
    Ca va, les douaniers m’ont laissé entrer… après consultation de 3 niveaux hiérarchiques ! Il en va des pays arabes come d’Israël d’ailleurs: passen,t leurs temps à demander à c’lui du d’sus c’qu’il en pense !
    Ah mais, 12:00. J’entends les muezzins du Caire qui hurlent tous ensemble pour appeler à la prière ! J’file me mettre à l’abris !

    T’embrasse mon P. !

  3. Bigrement romantique ! waouh !
    Pomme

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