J’adorais c’mec…

Jean-François Bizot est mort.

bizot.jpgJean-François qui ? Bizot, Jean-François Bizot, journaliste déconneur. Mort après Pavarotti et d’autres cette année, dont on a tellement plus parlé. Oui, je sais, j’ai quelques jours de retard, je sais, je sais, mais bon… En Egypte on ne reçoit le Monde – journal du soir ayant lui-même un jour de retard donc – que deux jours plus tard. Et puis on s’en fout de la date: Jean-François Bizot est mort, c’est tout. Hier ou demain, ça ne change rien.

A l’heure où la mode « people » fait que l’on envie et admire des héritiers qui ne se sont donnés que la peine de naître, de Bouygues à Lagardère, il est bon de se souvenir que Jean-François, héritier de la bourgeoisie lyonnaise et de quelques millions de francs lourds de l’époque, choisit lui d’être lui-même, d’aller au-devant de ses envies. Tournant le dos au passé de sa famille, il épousa la contre-culture des années 60 et 70, sans ses conneries gauchisto-maoïstes: il n’y avait d’ailleurs aucune chance que Bizot termine chez Sarko, car justement il ne fut jamais coco et encore moins mao !

Social-libertaire dans l’âme, aimant les gens plus que les idées prétendant faire leur bonheur en les fantasmant, il fonda (et finança « sur fonds propres » très longtemps…) actuel.jpgle journal Actuel au début des années 70, journal mensuel qui rythma mes années 80 à coups de découvertes  culturelles (world-music, hip-hop, trip-hop, électroniques…), écologiques, politiques, éthiques, technologiques; un amalgame de reportages décalés, servi par un humour ravageur et véritable paradis pour les photographes. C’était la liberté de penser et d’être – surtout d’être – dans la joie et la bonne humeur, qu’il traduisit ensuite dans Radio-Nova qu’il fonda au début des années 90, quelques temps avant d’arrêter Actuel.

Je rencontrais une fois Jean-François Bizot; enfin rencontré… disons que je me suis retrouvé à la même table que le lui, avec d’autres jeunes, dans une autre vie plus politique (ben quoi ??? on a tous un passé, na !). Ce fut un moment mémorable, lui expliquant aux jeunes idéalistes que nous étions ce qu’était la « vraie vie » que nous ne connaissions pas,  à coups de clins d’oeils ironiques et de « tu vois ce que je veux dire » ponctuant ses envolées sur le monde et ses évolutions souterraines – et il avait du pif l’animal quand on regarde ce qu’il en est aujourd’hui.

bizot2.jpg

Voila. Jean-François Bizot est mort d’une saleté de crabe qui l’a rattrapé. Et moi j’me sent un peu plus orphelin de mes 20 ans.

 Bonne journée !

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~ par nrs sur 18 septembre 2007.

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