Le sens des mots, les mots du sens

(Pour rappel, avec Lady Zee (http://ladyzee.wordpress.com/), bloguons utile pour la réinsertion des jeunes délinquants au Maroc – Au Maroc, au-d’là d’mes p’tites misères…)

On l’appelle « la Mer rouge ». Pourquoi rouge ? Ben on n’sait pas, on n’sait plus devrai-je plutôt dire; car on a du savoir, un jour, forcément. Mais on a oublié. Pourtant elle est bleue, et d’un beau en plus. Mais il n’empêche, on la désigne depuis des temps imémoriaux comme la Mer Rouge.

Oubliez l’idée selon laquelle cela viendrait du sang laissé par les requins festoyant de marins tombés à la flotte. Idée visuellement séduisante, certes, très hollywodienne même, mais bon… welcome in ze real world ! D’aucun prétendent que c’est parce qu’elle est bordée à l’ouest de montagnes de granit rose, qui l’irradieraient de leur couleur sous l’effet du soleil levant. D’autres pensent plutôt que ce serait çà cause d’une algue qui y pululle et deviendrait rouge en mourrant.

Et sans doute y’a-t-il d’autres raisons possibles: certains théorisent même une mauvaise traduction d’une dénomination hébraïque en anglais… où les roseaux (reeds) seraient devenus rouges (red) par la malencontreuse erreur d’un fonctionnaire de sa Gracieuse Majesté… Ouaich, encore un coup des anglais !!! Pô graf’, y’s’sont pris une méga-super-tôôôôle au rugby contre les Sud-Afs’ !

Bref, on ne sait plus, et on ne saura jamais plus d’ailleurs. Faut faire avec. Car il est des mots dont on ne connait plus le sens. C’est vrai pour les mers (la Noire, la Blanche, la Jaune, etc.), c’est vrai aussi pour nos mots plus usuels.

Tenez, prenez le mot « amour » et ses déclinaisons – « j’aime », « je t’aime », « je suis aimé », « être aimé ». Que signifie-t-il ? On dit aussi « j’aime le chocolat »(ou tout autre aliment de votre goût); mais l’aime-t-on comme on aime une femme ou un homme ? On dit en conséquence « femme de ma vie » ou « homme de ma vie », mais on ne dit pas « cacao de ma vie » pourtant… même si on peut aussi prendre son pied avec !

Pourquoi alors utiliser le verbe « aimer » indistinctement ? Si ce n’est pas la même chose, pourquoi ne pas utiliser d’autres termes pour autre chose que l’amour, genre « j’apprécie le chocolat » ? A moins que ça ne le soit, et que l’on aime finalement un être comme on aime des fringues, un aliment ou un événement, passagèrement, tout simplement, le temps de s’en repaître et de le remplacer lorsqu’il n’amène plus rien. D’une chemise à l’autre, d’une ville à l’autre, d’une bite ou d’un con à l’autre, dans une frénésie de consommation égale à l’angoisse de vie que l’on a en soit.

Peut-être que les proclammations romantiques ne signifient effectivement pas grand chose lorsqu’on les confronte aux faits. Peut-être ne sont-elles que des lieux communs pour acquérir l’objet du désir passager et le « maintenir en vie », le temps d’en faire le tour et de le remplacer. Oui, peut-être que les mots ne sont que des mots sans queue ni tête, sans aucun sens. Or la vie ne se paye pas de mots, du moins pas longtemps, car elle se cherche toujours un sens, vers le « nouveau » qui n’est pas forcément le mieux ou qui ne l’est que parce que neuf, dans l’idée que l’herbe est toujours plus verte ailleurs, même dans le désert.

A Ras Sudr (prononcez « Race Soudre »), au milieu de nulle part – car le Sinaï c’est nulle part, c’est la lune avec de l’air pour respirer- la Mer Rouge est bleue, comme toutes les mers du monde, même la Mer Noire. Son bleu va du plus pâle au plus plus profond, comme toutes les mers du monde, même la Mer Blanche. Elle n’est pas plus rouge qu’une autre mer du monde, pas plus que la Mer Jaune n’est couleur pisse.

A Ras Sudr, j’ai aussi compris qu’aimer doit être exclusif: ni mieux, ni moins, ni différement, ni « plusbon » ou « plusquebon » façon Orwell dans 1984. On aime ou on n’aime pas, ou alors on n’aime plus: il n’ y a pas de juste milieu, de gradations qui ne sont que des coqueteries stylistique pour cocottes cherchant à masquer leur « gêne » (pourquoi l’être si on le fait ?) de leur comportement consumériste – dont il vrai qu’il peut faire fuir le nouvel objet désiré s’il croit lui encore au Père Noël.

Et à Ras Sudr, toujours, le soleil couchant est magnifique. Plus beau qu’un amour déclinant, qui ne renaît jamais après s’être éteint: car si le soleil brille, lui, de mille feux au couchant, c’est qu’il se relèvera à l’identique le lendemain. L’amour non, sauf à prendre comme religion nos chères séries télés made in US. I am not Mr Big, never was and don’t intend to be; ’cause Carrie doesn’t even exist.

Mmm, d’ailleurs, un tel feu d’artifice au couchant, ça change définitivement de la Mer du Nord – dont le nom se suffit à lui-même par contre : d’un côté la vie, de l’autre, côté belge ou hollandais, la grisaille peinte par les nuages gorgés d’eau qui barrent l’horizon et masquent le soleil.

Or il y a d’autres mers, tellement plus belles, à découvrir. Toutes bleues malgré leurs noms, mais toutes différentes, et ensoleillées.

Comme l’objet sans cesse renouvellé du désir.

Bonne journée !

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~ par nrs sur 24 septembre 2007.

12 Réponses to “Le sens des mots, les mots du sens”

  1. … ah ben c’est vrai, c’est con les mots parfois. Tiens: j’habite au bord du lac l’aimant (ça s’écrit Léman, mais passons sur ce futile détail). Pourquoi ce lac est-il aimant et pourquoi la mer est-elle rouge, noire, jaune et les baigneuses en bikinis oranges, bleus, verts ou Louis Vuitton ? Je me perds en conjectures… J’aime les filles en bikini (en robe, en jeans et chemisier, en Aubade ou juste habillées de lumière aussi, d’ailleurs), mais est-ce que je les aime autant que le chocolat ? Pour pousser plus loin ma réflexion du jour: est-ce que j’aime le chocolat autant que l’intérieur d’un bikini ? Si j’étais confronté à ce choix cornélien « Monsieur, vous devez impérativement choisir entre l’intérieur de ce bikini fluo dont la laine en poly-uréthane thermo-polaire enveloppe douillettement le corps sculptural de la femme de vos rêves et l’intérieur de cet emballage de barre de chocolat aux noisettes qui promet des plaisirs gustatifs digne des dieux de l’Olympe. Que choisissez-vous ? Vous avez dix secondes… »
    Je réfléchis gravos.
    Je réfléchis encore.
    Plus que deux secondes…
    « Chérie, remets le haut: tu vois pas tous ces cons qui te matent ? Et passe-moi le chocolat. Merci… Hmmm, que je t’aime ! »
    Putain, Nick ! Avec un peu d’analyse illogique et grammaticale, un poil de sens pratique et d’à propos, on peut dire « Je t’aime ! » au bord du lac l’aimant, de la mer rouge, noire ou jaune à une jolie fille en bikini tout en bouffant son chocolat. La vie est belle et le verbe « aimer » ne connaît pas de frontières.
    Ce que je peux être con ! Je m’épate moi-même !
    ;o)
    P.
    PS: Mais non ma Chérie, je ne t’aime pas pour ton chocolat, c’est juste pour rire, on est sur le blog de Nick, voyons !

  2. Mmm… c’est vrai finalement mon P.: pour paraphraser cette raclure de Pétain, le chocolat, lui, il ne ment pas ! La femme par contre…. ;o)
    Bref, aimons le chocolat… et aimons les femmes pour le plaisir, pas pour leur faire plaisir !

    Bise mon P. !

  3. oui ces peu etre vrai mais prouve le

  4. Euh… Je crois comprendre les mots de la question malgré leur formulation orthographique approximative… mais je n’en comprends ABSOLUMENT pas le sens ?

    Qu’est-ce qui serait vrai… et qu’est-ce que je dois prouver ? Et d’ailleurs, si c’est vrai, pourquoi dois-je le prouver ?
    Bref, j’pige pas… Désolé, mais merci pour avoir lu.

  5. Hmm désolée de vous contredire, mais je connais des femmes qui ne mentent pas et des messieurs qui mentent tant qu’on se demande comment ils arrivent encore à se regarder dans un miroir …

    Par ailleurs, pour simplifier, (mais je la fais peut être trop philo ou psycho) : ne confondons pas l’amour par les goûts, le toucher, la vue ou l’ouïe avec celui des émotions … nous nous rendrons la vie agréable non ?
    Perso, je ne suis jamais tombée amoureuse d’une tablette de chocolat … par contre, du propriétaire … sûrement ! ;o)

    Pomme

  6. Ai-jé prétendu que seules les femmes mentent ? Je n’en ai pas le souvenir, chère Pomme. Du tout même. Femmes et hommes, hommes et femmes, les êtres humains en bref, mentent, parfois, selon les circonstances, certains plus que d’autres ou plus régulièrement, certes, mais nul n’est à l’abri de ce comportement.
    Mais je pense qu’il n’y a rien de pire que de dire « je t’aime » sans le ressentir, juste pas commodité matérielle – rassurer l’autre pour rester « accompagnée » le temps de…, par « peur » d’être seul(e) simplement. Je crois que l’amour, le vrai, n’est pas un supermarché où l’on compare les produits, et où l’on s’accomode de l’un faute de mieux ou le temps d’en trouver un autre. On peut le faire avec du chocolat, mais on ne peut pas le faire avec les émotions de l’autre….
    … Sauf à être cyniquement salaud – ce qui est la gradation supérieure du salaud: je fus un salaud, certes… mais sans cynisme. Il n’en va pas de même pour d’autres, femmes ou hommes, hommes ou femmes, peu importe.
    Nick

  7. Hooo pardon de vous avoir choqué !
    Je me basais simplement sur ce que vous aviez répondu à P :

    « c’est vrai finalement mon P.: pour paraphraser cette raclure de Pétain, le chocolat, lui, il ne ment pas ! La femme par contre…. ;o) »

    En effet, l’Amour ne s’achète pas au supermarché (encore que je finis par en douter avec les sites de rencontre …).

    En effet, hommes et femmes peuvent tout aussi bien mentir.

    Je comprends le sens de votre réflexion, j’ai moi même été une étape en attendant mieux, en attendant surtout que le compte bancaire aille mieux … ça marche dans les deux sens, à n’en pas douter :o(

    Ce n’est pas pour autant qu’il faille généraliser, nous sommes bien d’accord ! Je suis encore capable de croire quelqu’un qui me dit qu’il m’aime ! … parce que je suis sans doute une Pomme ! ;o)
    Ah la nature humaine …

  8. Non, je ne suis pas choqué !!! C’est vrai que j’avais oublié ma réponse à P., cet indécrottable macho… qui fait ressortir en tout homme ce (mauvais ?) côté. Tiens, P. serait une femme, il serait anti-mec à mort et ferait ressortir chez ses lectrices ce même côté !!!

    Pour le reste, oui, il faut le croire, et éviter de devenir un cynique inversé – quelqu’un qui ne croit plus que ça puisse exister. Mais sans être naïf !

    Nick

  9. hihihohohahahahahaaaa… moi « macho » ??? PIRE !
    Parce que j’aime – que dis-je ? – j’adore les femmes !
    (PS: t’inquiète pas, Nick: pour me punir, Dieu me fera sûrement Femme dans ma prochaine vie… p’tain, les mecs ! vous savez pas ce qui vous attend !)
    ;o)
    P.

  10. ça serait bien la pire punition en effet …. parce que tôt ou tard, vous vous retrouverez à la quarantaine … avec tous les défauts que vous citez sur les femmes de cet âge … et vous regarderez les midinettes au bras des charmants quadras !

    La nature est vraiment mal faite : les hommes qui aiment tant les femmes sont rarement autant aimés des femmes … 😉
    Pomme

  11. Ah ? Vous, vous êtes doublement punie, alors ?
    :o)
    (désolé de répondre ici et de te squatter, Nick, mais…)

  12. Allez savoir … et, peut être que je serai pour ma part un homme dans ma prochaine vie … et alors … si vous avez le malheur de faire plus que 38 et de surcroit avoir passé la quarantaine, lequel des deux sera le plus puni ? hahahaha
    Tsss tsss, blague à part, vous êtes charmant (Nick, désolée aussi de squatter …). Macho, mais charmant ! Les hommes aiment tout autant que les femmes qu’on les taquine non ?! 🙂

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