From the gutter to the stars (*)

(Pour rappel, avec Lady Zee (http://ladyzee.wordpress.com/), bloguons utile pour la réinsertion des jeunes délinquants au Maroc – Voir Au Maroc, au-d’là d’mes p’tites misères…)  

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Dans quelques heures, je serai de retour à Bruxelles.

J’en ai envie. C’est que jour après jour, un intermède Sinaï/Mer Rouge mis à part, j’ai parcouru à pieds le Caire du nord au sud, d’est en ouest, m’immergeant dans ses rues bondées, me frayant un chemin « au péril de ma vie » entre ses millions de voitures « klaxonantes », arpentant les ruelles désenchantées mais vivantes du quartier islamique, où les touristes ne vont plus. Du quartier copte, au sud, à la porte et aux mausolées habités de la nécropole au nord, je connais chaque mosquée, chaque commerçant de chaque souk… ou presque !

Bref, veni, vedi…  et même vici le risque de cancer « diésélique » des yeux et des poumons, au point de mieux connaître la ville que mon hôtesse ou ses amis diplomates (c’est eux qui l’disent !). Il reste certes d’autres choses à voir, au sud de l’Egypte, et une escapade à la mode bédouine à faire dans le Sinaï ; mais une autre fois, quand il fera moins chaud. Mais là, j’ai quand même fait l’tour.

Et puis j’ai mes « étoiles » à retrouver à Bruxelles, mes filles, ma soeur et ma nièce; et puis mes amis – les vrais,  ceux avec qui le mot « confiance » n’est pas vain, dont certains que je connais à peine ou très peu finalement et avec qui j’ai envie d’aller plus loin.

Et pourtant, j’angoisse aussi de revenir. A la fois parce que je laisse de belles choses au Caire: Lilou, du soleil, et des gens chouettes; mais aussi parce que c’est maintenant Bruxelles, mon Bruxelles, ma ville, que je dois revisiter pour la reconquérir, dans ma nouvelle vie de quadra débarrassé de ses angoisses d’enfant, mais qui démarre autrement – différemment c’est ça ? – que ce qui était prévu depuis le début de « tout ça ».

C’est que ce n’est pas si simple: ces lieux, d’une partie de mon enfance puis d’une partie de ma vie d’adulte, sont marqués par ce que j’ai vécu ces dernières années. Il y a ceux que j’ai désertés, pour certains par paresse de vivre en me faisant du bien, ou faute de temps à trop bosser ou à courir inutilement entre 2 vies pour d’autres, ou parce qu’incompatibles avec l’une ou l’autre des dites vies.

Et puis il y a les lieux marqués par des souvenirs récents, que je fréquentais à « 2 ». Quand on sait ce que le « 2 » devint, s’il fut même jamais autre chose finalement… En tous les cas il ne fut visiblement pas « un tel bonheur » si l’on en croit maintenant l’1 des 2, le 2ième (moi, quoi) n’en sachant plus rien et s’en foutant, finalement. J’appréhende néanmoins de retrouver ces lieux, de peur d’y éprouver l’amertume des mensonges ou d’y rencontrer des spectres de ce passé que j’en suis arrivé à vomir. Je dois néanmoins m’y confronter pour y reconstruire de nouvelles et belles sensations, des moments forts qui écraseront, nettoieront, liquideront, éradiqueront ces souvenirs devenus nauséabonds tant ils furent mensongers, comme on tire la chasse sur des matières fécales.

J’aimerai ne pas avoir de passé en fait. J’aimerai pouvoir effacer 3 ans d’une vie d’un claquement de doigts – SNAP ! – pour n’avoir qu’à me réjouir de retrouver les étoiles qui m’inspirent et m’attirent; mais je pars du caniveau où m’ont entraîné des saloperies, bêtement humaines certes, mais de vraies saloperies quand même.

Du caniveau aux étoiles, from the gutter to the stars. Poussé par le dégoût pour en fuir l’odeur pestilentielle. En route pour mon deuxième Everest.

Bonne journée !

(*) Inspiré de « Halfway from the gutter and the stars« , cet album myhtique de Fatboy Slim. Voir « Weapon of Choice » ( http://www.youtube.com/watch?v=0WW8flwpH-Q, avec Christopher Walken dansant comme un taré. Christopher Walken ? Mais si allons, le plus grand acteur du monde l’espace d’un film, « The Deer Hunter » (Voyage au bout de l’enfer) de Michael Cimino).

 

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~ par nrs sur 25 septembre 2007.

Une Réponse to “From the gutter to the stars (*)”

  1. C’est quand on regarde en arrière qu’on se dit qu’on a été bête, jamais quand on regarde devant … regardons devant ! hé !
    Et puis, si on se retourne, on pourra se dire : « qu’est ce que j’aurais été bête si … »
    Pomme

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