Tronche de blog

Je surfe parfois, parce que l’écran noir de mes nuits blanches se peuple de mes fantômes du passé qui me font mal. Mais quelques fois, au détour d’une page, d’un blog, le passé me revient à la tronche, et ça re-fait mal.

Oui, j’aurais tellement aimé qu’on écrive de moi que je suis ou étais un type  » maaaaaagnifique-extraordinaire-pas-parfait-mais-pour-moi-oui-intelligent-riche-pas-célèbre-mais-tant-mieux-gentil-attentionné-charmant-et-caetera« .

Enfin riche, je m’en fous. Comme si c’était un compliment…

J’ai tout donné. J’ai tout abandonné. Famille, santé, boulot, richesse, fiertés patrenelle et masculine comprises. Tout. Mal peut-être, sans doute même très mal, comme un chien fou parce que chien fou englé dans son propre mal-être, comme un mec un peu gamin; mais tout ce que j’avais, sans compter – et sans doute trop, et malgré les actes et les paroles qui blessaient. Je n’ai jamais voulu faire mal, et je n’ai jamais choisi de faire mal à l’autre plutôt que d’avoir mal. Non, je ne pense pas « qu’il faut parfois être égoïste »

J’eus moi les vengeances pour des souffrances imposées par d’autres, je fus moi le réceptacle d’un mal-vivre issu de je ne sais où. J’eus certes de l’amour, énorme, mais par pics; des « mercis », de temps en temps. Mais tous contredits par des actes irrespectueux, revendiqués de plus en plus « haut et fort » au fil du temps qui passe. Sans jamais une excuse – parce que seuls les faibles s’excusent et qu’on se croit fort, à ce qu’il paraît… En fait parce que ça fait peur et mal d’accepter que l’on a fait mal à celui qu’on aimait et qui était tout. On peut se sentir moche, parfois, devant ses actes.

Et pourtant… quelle erreur: seuls les forts n’ont pas peur de leurs faiblesses. Les faibles, si.

Quant ton orgueil armuré bride ton coeur, c’est que tu ne sais pas aimer, tu sais ? Tu aimes, passionément – et les autres « différement », soit, ou alors pour un « mieux » de façade. Mais Dieu que tu aimes mal.

Mais-être aurais-je du moi aussi jouer à la « fille de l’air », parfois, pour me faire désirer. Peut-être aurais-je du croire qu’aimer est un rapport de forces – et je suis fort, très, car je connais mes faiblesses et mes limites. Peut-être aurais-je du te dire que je n’étais pas ton père et que tu n’étais pas ma fille: je ne voulais le respect, entre égaux, entre adultes.

Bonne journée. Moi je vais essayer, la quille n’est pas loin, je le sais. Le bonheur simple, entre adultes égaux qui se respectent et se parlent est à portée de main. Et au Diable les rêves enfantins.

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~ par nrs sur 5 avril 2008.

9 Réponses to “Tronche de blog”

  1. C’est drôle, je pensais ça récemment : ce type doit être extraooooooordinaire, quelques défauts, soit, admettons, passons, mais intelligent sans doute (émotionnellement assurément), le reste, faut voir ! 😉
    Le bonheur, suffit de le regarder par la porte, non par le trou de la serrure, pour le voir.
    Bon courage
    Bonne journée

    Pomme

  2. je ne te dirai qu’une chose, transmise par un ami durant les mauvais jours: va du côté de la légereté et du beau …laisse les choses pesantes :-), je remercie cet ami, parce qu’il a raison…c’est du côté de la vie

  3. Je te rassures: c’est le chemin que j’ai pris. Je ne suis qu’à une halte, là où la mémoire se perd, parfois. Merci.

    Nick

  4. je sais qu’c’est facile les bons conseils, mais j’ai trouvé que celui ci, revenait bien au bon moment, quand les cicatrices se réouvrent, parce que bien sûr..ca serait trop facile de tourner les pages comme ça..

  5. MAis il est bon. et oui, il fauts avoir tournr les pages et fermer les livres, et puis les ranger. Loin de soi, mais sans précipitation, en digéraht, en comprenant, pour ne jamais plus faire les mêmes erreurs… et subir celles des autres.

    Merci à toi

    Nick

  6. hé! ho! bois un coup, fais un gueuleton, joue de la guitare, tronche une fille (« c’est quoi ton nom déjà ? »), lis un p’tit coup de Sagan et un de Guitry en alternance, mets du Mozart très fort puis du Keith Jarrett, joue aux fléchettes avec une photo de Ségo…
    T’inquiète pas: le blues ça passe.
    ;o)

  7. J’ai tout ça… sauf la nana dont je ne connaîtrais pas le nom 😉
    Je sais, ça passe. Ca passera. je préfère m’y confronter que le refouler. Plus sain, et pour une guérison plus durable.
    Bise mon P.
    Nick

  8. Je crois que nous récupérons tous le mal être des autres si nous ne savons pas nous en protéger et faire les bons choix. Malheureusement, je finis par me demander si il ne faut pas en passer par là pour grandir. « Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard… »
    C’est bien pour cela que si, parfois, il faut savoir être égoïste, en se protégeant des autres, en se posant, en regardant ce qui nous convient pas afin de ne pas commettre d’autres erreurs.
    En amour, quand il s’agit vraiment d’amour, alors l’égoïsme n’a pas lieu d’être puisque l’équilibre est normalement atteint.

    Pomme

  9. PS : mon expérience m’a appris la choses suivante : à n’avoir pas voulu être égoïste, je me suis perdue dans l’amour que je portais à l’autre.
    On n’a jamais une deuxième occasion, mais si cela m’était donné, je ne m’oublierais pas comme ça.

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